Bonjour,
Le Conseil européen a été productif. Je vais donc tout de suite entrer dans le vif du sujet. Premièrement, concernant l’Ukraine. Le vent est vraiment en train de tourner. Commençons par une bonne nouvelle, António et moi avons félicité le président Zelensky à l’occasion de l’ouverture du premier groupe de chapitres. Il s’agit d’une étape majeure. Notre objectif est désormais d’ouvrir d’autres groupes de chapitres avant l’été. Nous nous sommes également mis d’accord sur la reconduction des sanctions à l’encontre de la Russie, et cette fois, soulignons-le, pour une période de douze mois, et non de six. Le signal envoyé est fort. Et nous poursuivons nos travaux pour finaliser le 21e train de mesures. Nos sanctions sévères maintiendront la pression sur la Russie. Dans le même temps, nous devrons être prêts lorsque les négociations débuteront.
Deuxièmement, concernant le Moyen-Orient. L’accord intérimaire entre les États-Unis et l’Iran constitue une avancée de taille. Et une occasion importante de garantir la liberté de navigation, sans frais, dans le détroit d’Ormuz, de veiller à ce que l’Iran ne dispose jamais d’armes nucléaires, de répondre aux préoccupations liées à son programme balistique et à ses activités régionales, et, en fin de compte, de faire progresser la paix et la sécurité dans l’ensemble de la région. Cette crise a mis en évidence un précepte fondamental. Nous ne pouvons pas permettre que l’économie mondiale soit prise en otage. Nous devons développer d’autres itinéraires et corridors, comme l’IMEC. À cette fin, nous approfondirons notre coopération avec nos partenaires du Golfe et au-delà. Ce sujet sera abordé lors de la prochaine réunion avec les pays du Golfe. Enfin, ce qui se passe au Liban est terriblement préoccupant. Un Moyen-Orient stable et pacifique s’appuie aussi sur un Liban stable et souverain. Nous soutenons les efforts déployés par les dirigeants libanais pour parvenir au désarmement du Hezbollah. Parallèlement, il est crucial qu’Israël respecte à la fois la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban.
Troisièmement, nous avons eu des échanges fructueux lors du G7 en début de semaine et, la nuit dernière, nous avons eu une discussion féconde sur les surcapacités structurelles et leur incidence sur les déséquilibres mondiaux. Permettez-moi de revenir à l’Europe, avec quelques chiffres. Au cours des cinq dernières années, les importations dans l’UE en provenance de Chine ont augmenté de 45 %. L’an dernier, l’UE a enregistré son pire déficit commercial avec la Chine: 360 milliards d’euros, soit un déficit de 1 milliard d’euros par jour. Pour la première fois, tous les États membres affichaient un déficit commercial. Il n’est pas seulement question d’importations bon marché. Nous constatons que certaines surcapacités érodent notre propre base manufacturière. Et cela n’est tout simplement pas tenable. Nous savons que nous devons faire notre part pour stimuler notre compétitivité. Mais nous devons également remédier aux déséquilibres mondiaux. Il est clairement ressorti de nos discussions que nous sommes favorables à la poursuite sur la voie de la diversification de nos relations et de la réduction des risques. D’une part, nous devons éviter les dépendances pouvant être instrumentalisées. Cela signifie que nous accélérerons la réduction des risques, nous ne prendrons pas nos distances. D’autre part, nous continuerons à protéger notre marché contre les pratiques déloyales. Ces dernières années, l’Europe a déjà élaboré une vaste boîte à outils. À présent, nous devons l’utiliser de manière plus proactive et plus stratégique pour défendre nos intérêts européens. Et la Commission préparera de nouveaux outils tels qu’un instrument de diversification. Je me réjouis d’avoir pu constater un soutien clair en faveur d’une réponse européenne fondée sur l’unité des États membres et le dialogue avec la Chine, élément qui reste essentiel. La Commission poursuivra dans cette voie. Et ce sujet restera parmi nos priorités communes.
Pour en venir aux questions internes, nous avons également discuté aujourd’hui du prochain budget de l’UE. Le Conseil est désormais parvenu à un accord sur la nouvelle architecture du CFP. Il s’agit d’une étape importante. Cet accord montre que les États membres partagent l’ambition de la Commission de disposer d’un budget plus simple et à l’épreuve du temps. Un budget qui donne à l’Europe les moyens d’être compétitive, qui renforce sa sécurité et sa défense, ainsi que sa capacité à agir dans un monde plus complexe. Un budget qui soutiendra nos agriculteurs, nos régions et nos communautés dans l’ensemble de l’Union. Et pour la première fois, nous avons un cadre de négociation assorti de chiffres, grâce à la présidence chypriote. Voilà encore une étape importante de franchie. Bien entendu, personne ne voit immédiatement son budget idéal dans ce cadre. Mais il s’agit d’une base de négociation solide, qui permettra à la prochaine présidence d’aller de l’avant. Nous devons à présent rester ambitieux. Et cette ambition doit s’accompagner des moyens nécessaires. C’est pourquoi nous avons besoin d’un système solide et stable de nouvelles ressources propres. C’est pourquoi aussi, d’ici à notre prochaine réunion, nous devrions avoir une compréhension commune de la manière dont nous voulons financer le prochain CFP.
Cher Nikos, cet accord au sein du Conseil a constitué une véritable avancée. Je tiens à vous remercier, ainsi que toute votre équipe, pour votre dur labeur, votre gestion intelligente, votre vue d’ensemble et les résultats obtenus. Quel travail formidable. Merci vraiment. La présidence irlandaise dispose dès lors d’une base solide sur laquelle elle peut s’appuyer. Mais ce n’est qu’une de vos réalisations. Votre présidence s’est déroulée pendant une période difficile. Chypre a constitué un pont essentiel avec le Moyen-Orient. Le fait d’entretenir d’excellentes relations avec la région depuis de nombreuses années a été bénéfique. Amitié et partenariat fondé sur la confiance ont réellement porté leurs fruits. Votre travail nous a permis de maintenir un dialogue étroit avec la région, à un moment où c’était le dialogue qui comptait le plus. Votre présidence a également mis en œuvre certaines des principales priorités de l’Europe. Qu’il s’agisse du soutien à l’Ukraine ou des progrès en matière d’élargissement, que nous n’avions pas vus depuis des années. De la compétitivité à la simplification, en passant par des accords sur certains omnibus. Ainsi qu’un système européen commun en matière de retour. Je vous félicite également pour l’accord trouvé sur les droits des passagers aériens. Il s’agit de la première grande révision de ces règles depuis vingt ans, et celles-ci ont tant d’importance dans le quotidien des Européens. Lorsque les passagers jouissent de règles d’indemnisation plus claires et les compagnies aériennes d’une plus grande sécurité juridique, tout le monde en récolte les bénéfices.
Vous et votre équipe pouvez être fiers de ce que Chypre a accompli.
Cher ami, merci.
