Anthony Albanese at the 2026 Australian Labor Party National Conference at the Adelaide Convention Centre.. Yu Chu Chin, CC BY-SA 4.0 , via Wikimedia Commons

La place de l’Australie dans l’Indo-Pacifique – Prix Global Citizen 2026 de l’Atlantic Council – New York

Merci infiniment à mon ami, le Premier ministre James Marape.

À John, à nos invités, aux remarquables autres lauréats avec lesquels j’ai l’honneur de partager cette scène ce soir, à Alex, à Stefano et à Cynthia.

Je tiens à remercier mon frère, un homme tout à fait exceptionnel, le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, la Papouasie-Nouvelle-Guinée compte des centaines de langues, plus que n’importe quel autre endroit au monde.

C’est un pays d’une extraordinaire diversité, et James a su rassembler cette nation en faisant preuve d’un leadership remarquable.

Je remercie l’Atlantic Council pour cet immense honneur. Je l’accepte avec humilité au nom de l’Australie, car servir les Australiens est le plus grand honneur de ma vie.

La contribution de l’Australie à notre région, et au monde, ne repose pas sur une seule personne.

Elle dépend, toujours, de la patience, de l’optimisme, du respect, de la bienveillance et du courage d’innombrables Australiens.

Elle repose également sur les valeurs australiennes qu’ils incarnent lorsqu’ils interagissent avec le monde : l’équité, l’ambition et l’égalité des chances pour tous.

Diplomates et enseignants, travailleurs humanitaires et bénévoles, observateurs électoraux et personnels des services d’urgence.

Celles et ceux qui risquent leur vie pour préserver la paix, et celles et ceux qui consacrent leur existence aux perspectives d’avenir, à la prospérité et à la justice dont dépend une paix durable.

Les Australiens qui contribuent à apporter l’éducation et les soins de santé, l’eau potable et des logements sûrs à ceux qui en ont besoin.

Et, dans un monde de plus en plus incertain et polarisé, toutes celles et tous ceux qui nous rappellent ce que nous avons en commun et qui tissent des liens fondés sur une compréhension mutuelle : des étudiants aux investisseurs, en passant par les remarquables communautés de la diaspora australienne, originaires de tous les coins de la planète, sans oublier les peuples des Premières Nations, héritiers de la plus ancienne culture vivante et ininterrompue au monde.

Le monde dans lequel nous vivons évolue rapidement.

Depuis la fin de la guerre froide, les principes qui dominaient les relations internationales semblaient clairs : l’ouverture garantissait la sécurité ; l’efficacité comptait davantage que la résilience ; et les règles internationales seraient naturellement respectées.

Ces principes reposaient sur l’idée que l’influence des grandes puissances démocratiques resterait largement incontestée.

Et que l’ordre mondial établi après 1945 se perpétuerait indéfiniment.

Ces deux certitudes sont aujourd’hui mises à l’épreuve.

L’ordre mondial de l’après-1945 n’est plus adapté aux réalités actuelles. Les institutions universelles, bien que toujours nécessaires, ne suffisent plus toujours à relever les défis auxquels nous sommes confrontés.

Face à cette situation, l’Australie choisit de participer activement à la définition et à la construction de l’ordre qui remplacera l’ancien, tout en préservant les règles les plus essentielles et en établissant les nouveaux partenariats, les relations et les innovations nécessaires pour répondre aux défis qui se présentent à nous.

Le facteur le plus déterminant dans l’évolution de l’Indo-Pacifique est la compétition stratégique entre les États-Unis et la Chine.

Notre alliance avec les États-Unis constitue le pilier de la politique étrangère australienne.

Quant à la Chine, notre premier partenaire commercial, notre approche est claire : coopérer lorsque nous le pouvons, exprimer nos désaccords lorsque nous le devons, et maintenir le dialogue dans l’intérêt national.

Grâce à un dialogue soutenu au plus haut niveau, nous faisons progresser les intérêts australiens tout en gérant nos divergences.

La manière dont Washington et Pékin gèrent leurs relations revêt une importance considérable.

Mais elle ne peut constituer le seul prisme à travers lequel nous percevons la région.

L’Indo-Pacifique n’est pas un échiquier sur lequel les superpuissances déplacent leurs pièces.

Les pays de cette région ne sont pas de simples spectateurs.

Ils façonnent leur avenir et écrivent leur propre histoire.

Les défis contemporains conduisent les pays à accorder davantage d’importance à la résilience, parallèlement à l’efficacité, notamment dans les domaines des minerais critiques, de l’énergie et des nouvelles technologies.

Nous avons pu en constater les raisons : les guerres et les perturbations peuvent faire grimper les prix de l’énergie et interrompre les chaînes d’approvisionnement bien au-delà des zones de conflit. La pandémie nous a enseigné la même leçon.

Les gouvernements doivent développer leur capacité à résister à des chocs qu’ils n’ont pas provoqués et qu’ils ne peuvent maîtriser.

C’est pourquoi l’Australie renforce ses propres capacités souveraines.

Avec nos partenaires, nous renforçons la coopération en matière de sécurité économique et de chaînes d’approvisionnement, tout en développant des solutions de remplacement au sein des systèmes les plus essentiels.

Les règles qui ont soutenu la croissance de notre région subissent de fortes pressions.

Nous devons renforcer les institutions qui confèrent une légitimité à la coopération, parallèlement aux partenariats qui lui donnent une traduction concrète.

La centralité de l’ASEAN constitue le fondement pratique de l’ordre régional au nord de l’Australie.

Parallèlement à notre soutien à l’ASEAN, nous avons conclu un traité historique de sécurité commune avec l’Indonésie, renforcé nos partenariats avec le Vietnam, les Philippines, Singapour et Brunei, et établi un nouveau partenariat avec le Timor oriental afin de contribuer à la résilience du nouveau membre de l’ASEAN.

À l’est, le Pacifique revêt une importance capitale. Nos relations avec les pays de cette région sont fondées sur le respect.

Au cours des 125 années écoulées depuis la fédération australienne, l’Australie a conclu deux alliances, dont l’ANZUS.

Cette alliance a été forgée pendant la Seconde Guerre mondiale sous l’impulsion d’un autre Premier ministre travailliste, John Curtin, qui avait déclaré qu’à l’heure la plus sombre de notre histoire, nous nous tournions vers l’Amérique.

L’Australie avait noué deux partenariats d’alliance au cours de ses 125 premières années d’existence. Nous en avons ajouté deux autres au cours de la seule dernière année.

Cela en dit long sur l’évolution de notre environnement et de la politique mondiale.

L’alliance avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée est entrée en vigueur.

L’alliance que nous avons signée avec les Fidji représente une avancée majeure.

Pour chacun de ces deux pays, il s’agit de leur toute première alliance.

Nous avons signé des accords avec Tuvalu, le Vanuatu et Nauru, tandis que d’autres accords sont en cours de négociation avec les Îles Salomon et les Tonga.

Pour les nations du Pacifique, la menace la plus immédiate est le changement climatique.

Au cours de mes cinq années en tant que Premier ministre, j’ai voyagé dans toute la région du Pacifique.

J’ai constaté de mes propres yeux les effets du changement climatique.

Ils sont bien réels. Et pour certains pays, ils représentent une menace existentielle.

C’est pourquoi l’Australie soutient les Fidji et Tuvalu dans l’organisation, le mois prochain, d’une réunion des dirigeants préparatoire à la COP31.

Nos partenariats dans le Pacifique renforcent la sécurité, la prospérité et la résilience de l’ensemble de nos pays, afin qu’ils puissent progresser ensemble, selon les priorités définies par les nations du Pacifique.

Cela suppose également une région régie par des règles, dans laquelle nous entretenons des relations avec l’ensemble des acteurs.

Telle est l’approche que nous adoptons pour relever les grands défis de l’Indo-Pacifique.

Renforcer la résilience sans renoncer à l’ouverture.

Consolider les partenariats régionaux sans abandonner les règles.

Approfondir notre alliance avec les États-Unis et entretenir des relations avec notre premier partenaire commercial, la Chine, sans permettre à l’une ou l’autre de ces relations de définir notre identité.

Dans un monde incertain, faire preuve de leadership signifie être présents les uns pour les autres, partager les responsabilités et donner à nos voisins davantage de moyens de façonner leur propre avenir.

C’est la région que l’Australie s’emploie à construire, et l’ordre international que nous continuerons à défendre.

L’un de mes illustres prédécesseurs, et l’un des artisans du rapprochement de l’Australie avec sa région, Paul Keating, a déclaré un jour que la récompense de la vie publique résidait dans le progrès collectif.

Cette vérité guide tous nos efforts.

Cette détermination à produire de véritables changements et des progrès durables.

Dans la vie et les perspectives d’avenir des personnes que nous servons.

Dans la stabilité et la prospérité de la région qui est la nôtre.

Dans la paix et la sécurité du monde que nous partageons.

Et dans l’avenir plus solide que nous pouvons, et devons, construire ensemble.

Monsieur le Président, je vous remercie pour le grand honneur que cette distinction représente pour l’Australie.

En Australie, personne n’a manqué de remarquer qu’un Australien recevait un prix de l’Atlantic Council, alors que notre pays est tourné vers l’océan Pacifique, l’océan Indien, la mer de Corail et l’océan Austral, mais pas vers l’Atlantique. Cela en dit long sur votre organisation, qui célèbre son 65e anniversaire : vous comprenez que chaque région du monde compte.

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Anthony Albanese

Anthony Albanese

Premier ministre d'Australie. Source de l'image : Shutterstock

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