Résumé
L’Indonésie est confrontée à des défis interconnectés en matière de sécurité alimentaire, notamment la disponibilité et l’accès aux denrées alimentaires, leur accessibilité financière, les pertes et le gaspillage alimentaires, les risques liés au changement climatique ainsi que les inégalités d’accès aux ressources agricoles et aux marchés. Ces enjeux sont importants, car la sécurité alimentaire ne dépend pas uniquement de la production agricole, mais également de la résilience des chaînes d’approvisionnement, du pouvoir d’achat des ménages, de la qualité nutritionnelle, de la durabilité environnementale et de la capacité des institutions publiques à répondre aux risques émergents. La persistance des pertes et du gaspillage alimentaires, les sécheresses et inondations provoquées par le changement climatique ainsi que les obstacles auxquels sont confrontés les petits exploitants agricoles renforcent encore la vulnérabilité du système et mettent en évidence la nécessité d’adopter des politiques de sécurité alimentaire plus intégrées et adaptatives.
Ce document recommande de renforcer la politique indonésienne de sécurité alimentaire au moyen de systèmes alimentaires numériques intégrés, notamment une plateforme en ligne reliant directement les agriculteurs aux consommateurs et des subventions alimentaires numériques ciblées en faveur des populations vulnérables ; de programmes visant à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires ; d’un soutien aux innovations et aux start-ups consacrées à une sécurité alimentaire résiliente au changement climatique ; d’une amélioration des infrastructures de stockage agricole, de la logistique, de la gestion de l’eau et des systèmes d’alerte précoce ; ainsi que d’une restructuration de l’Indice national de sécurité alimentaire fondée sur des indicateurs plus larges correspondant aux dimensions de l’accessibilité financière, de la disponibilité, de la qualité et de la sécurité sanitaire, ainsi que de la durabilité et de l’adaptation. Ces stratégies devraient permettre d’améliorer l’efficacité et l’inclusivité de la distribution alimentaire, de renforcer la résilience des agriculteurs et des ménages vulnérables, de réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, d’accroître la capacité du gouvernement à suivre l’évolution de la sécurité alimentaire et de favoriser la mise en place en Indonésie d’un système alimentaire plus durable et plus adaptable.
Présentation générale et introduction
La sécurité alimentaire constitue un enjeu stratégique pour l’Indonésie, car elle dépasse la simple disponibilité des denrées alimentaires pour englober leur accessibilité financière, leur accessibilité physique, leur qualité et leur sécurité sanitaire, la résilience des chaînes d’approvisionnement ainsi que la capacité des systèmes agricoles et alimentaires à résister aux chocs économiques et environnementaux. La sécurité alimentaire de l’Indonésie est de plus en plus affectée par l’interaction entre le changement climatique, la volatilité des prix alimentaires, les contraintes pesant sur la productivité agricole, les pertes et le gaspillage alimentaires, ainsi que les faiblesses en matière de stockage, de logistique et de connexion aux marchés. Les risques climatiques, notamment les sécheresses, les inondations, les modifications des régimes de précipitations et la dégradation des terres, peuvent perturber la production agricole et accroître l’incertitude pour les agriculteurs comme pour les consommateurs. Parallèlement, les fluctuations des prix alimentaires peuvent réduire le pouvoir d’achat des ménages et affecter de manière disproportionnée les populations vulnérables. Ces défis montrent que la sécurité alimentaire nécessite des politiques capables de répondre à la fois aux besoins immédiats d’accès à l’alimentation et aux enjeux à plus long terme de résilience et de durabilité du système alimentaire.
Les pertes et le gaspillage alimentaires compliquent davantage encore les défis auxquels l’Indonésie est confrontée en matière de sécurité alimentaire. Le document met en évidence l’ampleur considérable du gaspillage alimentaire ainsi que les pertes économiques et sociales qui en découlent, ce qui montre que l’amélioration de la sécurité alimentaire ne peut reposer exclusivement sur l’augmentation de la production agricole. La réduction des pertes après récolte, l’amélioration du stockage et de la transformation des aliments, le renforcement des infrastructures de distribution et la mise en place de mécanismes permettant de réorienter les excédents alimentaires peuvent accroître la disponibilité effective des denrées tout en limitant le gaspillage inutile de ressources. La productivité agricole doit également être renforcée grâce à de meilleures technologies, à un accès accru au financement et aux services agricoles, à une meilleure gestion de l’eau, à des pratiques de production résilientes au climat et à des connexions plus solides aux marchés pour les petits exploitants. Ces interventions sont particulièrement importantes dans les régions où les pressions climatiques et l’insuffisance des infrastructures augmentent les risques liés à la production et à la distribution.
Les difficultés affectant les chaînes d’approvisionnement mettent également en évidence la nécessité d’adopter une approche plus intégrée de la gouvernance alimentaire. La faiblesse des connexions entre les agriculteurs, les marchés, les prestataires logistiques, les détaillants et les consommateurs peut augmenter les coûts de transaction, limiter l’accès des producteurs aux marchés et compliquer l’obtention, par le gouvernement, d’informations actualisées sur la disponibilité des denrées alimentaires. La transformation numérique offre la possibilité de remédier à certaines de ces contraintes en reliant producteurs et consommateurs par l’intermédiaire de plateformes numériques, en améliorant la visibilité des stocks, en facilitant la mise en place de subventions alimentaires numériques ciblées et en renforçant la prise de décision publique fondée sur les données. Les systèmes numériques peuvent également contribuer au développement de mécanismes d’alerte précoce et à un suivi plus réactif de la sécurité alimentaire. L’Indonésie a donc besoin d’un cadre de politique de sécurité alimentaire intégrant la résilience climatique, la productivité agricole, la réduction du gaspillage alimentaire, le renforcement des chaînes d’approvisionnement et la transformation numérique. Ces considérations stratégiques constituent le contexte dans lequel s’inscrivent les recommandations politiques proposées dans ce document, dont l’objectif est de construire un système de sécurité alimentaire plus inclusif, plus adaptable, plus efficace et plus durable.
Objectifs et défis actuels
L’objectif de ce document est d’identifier les principaux défis structurels affectant la sécurité alimentaire de l’Indonésie et de proposer des stratégies politiques intégrées susceptibles d’améliorer l’accessibilité, l’abordabilité, la résilience, la durabilité et la gouvernance du système alimentaire national. L’analyse est organisée autour de sept thèmes interdépendants : la productivité agricole, les inefficacités des marchés, l’accessibilité financière des denrées alimentaires, le gaspillage alimentaire, la résilience climatique, la gouvernance, ainsi que les données et la transformation numérique. Ces thèmes sont étroitement liés : les contraintes pesant sur la production agricole peuvent affecter la disponibilité et les prix des denrées, l’inefficacité des marchés et des chaînes d’approvisionnement peut limiter l’accès des agriculteurs aux consommateurs, tandis que l’insuffisance des données peut réduire la capacité du gouvernement à surveiller les risques liés à la sécurité alimentaire et à y répondre rapidement.
La productivité agricole demeure un défi central, car les agriculteurs ont besoin d’un meilleur accès aux technologies agricoles, au financement, aux infrastructures, aux services de vulgarisation, à la gestion de l’eau et aux ressources productives. Les inefficacités du marché se traduisent par des faiblesses dans les infrastructures des chaînes d’approvisionnement, la logistique, le stockage, la distribution et les liens directs entre producteurs et consommateurs. Ces contraintes peuvent accroître les coûts de transaction, contribuer aux pertes après récolte et réduire les bénéfices économiques perçus par les petits exploitants agricoles. L’accessibilité financière des denrées alimentaires constitue également une préoccupation essentielle, notamment pour les ménages vulnérables aux crises alimentaires. La sécurité alimentaire nécessite donc non seulement une offre suffisante, mais aussi des mécanismes permettant aux populations vulnérables d’accéder aux produits alimentaires essentiels à des prix abordables.
Le gaspillage alimentaire constitue un défi supplémentaire, car des quantités importantes de nourriture peuvent être perdues ou jetées tout au long des étapes de production, de stockage, de transformation, de distribution, de vente au détail, de restauration et de consommation des ménages. La réduction de ces pertes peut améliorer la disponibilité effective des denrées alimentaires tout en limitant les pertes économiques et le gaspillage de ressources. La résilience climatique devient également de plus en plus importante, car les sécheresses, les inondations, les changements des conditions météorologiques, la dégradation des terres et d’autres pressions environnementales peuvent perturber la production agricole et les chaînes d’approvisionnement alimentaire. Le renforcement de la gestion de l’eau, des pratiques agricoles résilientes au climat, des capacités de stockage, des systèmes d’alerte précoce et de la diversification de la production peut contribuer à réduire ces vulnérabilités.
Enfin, la gouvernance et les données constituent des défis transversaux qui influencent l’efficacité des interventions en matière de sécurité alimentaire. La fragmentation de l’information et le manque de visibilité en temps réel sur les stocks agricoles, la disponibilité des denrées alimentaires et la vulnérabilité des ménages peuvent limiter la capacité des pouvoirs publics à élaborer des réponses fondées sur des données probantes. La transformation numérique offre donc la possibilité d’améliorer la gouvernance de la sécurité alimentaire grâce à des plateformes numériques reliant directement les agriculteurs aux consommateurs, à des subventions alimentaires numériques ciblées, à des systèmes intégrés de gestion des stocks, à un suivi fondé sur les données et à des mécanismes d’alerte précoce soutenus par la technologie. La prise en compte de ces sept thèmes constitue le fondement des recommandations politiques proposées dans ce document. Elle favorise le passage d’interventions fragmentées à un cadre de politique de sécurité alimentaire plus intégré, adaptatif et fondé sur les données pour l’Indonésie.
Recommandations politiques
Portail numérique en ligne reliant directement les agriculteurs aux consommateurs
Le ministère du Commerce électronique et le ministère de l’Agriculture travailleront avec les agriculteurs de toute l’Indonésie afin de mettre en place un portail en ligne simple et rationalisé leur permettant de gérer leurs stocks et d’expédier les commandes aux consommateurs, aussi bien sur le marché intérieur qu’à l’international.
Les agriculteurs pourront organiser leurs stocks, leurs livraisons et leurs expéditions en quelques clics, permettant ainsi aux produits agricoles d’être collectés directement dans les exploitations et acheminés vers les consommateurs finaux en Indonésie.
Le ministère du Commerce et le ministère de l’Agriculture assureront la promotion du portail en ligne et accompagneront l’inscription des agriculteurs afin qu’ils puissent y recevoir des commandes et gérer leurs stocks. Avec le soutien d’entreprises publiques ou privées de logistique, les produits seront ensuite collectés dans les exploitations et livrés directement aux consommateurs.
Grâce à ce portail, les stocks de produits alimentaires de chaque agriculteur seront numérisés, permettant au gouvernement de connaître en temps réel la disponibilité des denrées alimentaires et de planifier ses interventions en conséquence.

Subvention alimentaire numérique pour les populations touchées par les crises alimentaires
Les citoyens pourront utiliser leur carte nationale d’identité ou une carte alimentaire fournie par le gouvernement afin d’acheter des produits alimentaires dans les commerces à des prix subventionnés, en fonction de leur niveau de revenu ou de leur degré de vulnérabilité face aux crises alimentaires.
Les centres commerciaux, supermarchés, magasins publics de produits de première nécessité, petits commerces alimentaires et autres points de vente seront connectés et intégrés au système central gouvernemental de subventions alimentaires numériques par l’intermédiaire de leurs systèmes numériques de gestion des stocks. Lorsque certains commerces ne disposent pas d’un tel système, le gouvernement leur fournira une application mobile de point de vente (POS) leur permettant de connecter et de gérer leur inventaire.
Lorsqu’une personne effectuera un achat dans un commerce en utilisant son numéro d’identification personnel, son éligibilité à la subvention alimentaire sera déterminée automatiquement par le système intégré du gouvernement. Une fois l’éligibilité confirmée par l’intermédiaire du système bancaire, le montant de la subvention ainsi que l’incitation destinée au commerçant seront réglés en temps réel par le gouvernement.
Grâce à ce système de subvention alimentaire numérique, le gouvernement pourra déterminer les bénéficiaires des aides, le pourcentage de subvention accordé ainsi que les produits alimentaires auxquels celle-ci s’applique. Le gouvernement pourra également étendre progressivement ce dispositif au-delà des produits alimentaires, notamment aux pharmacies ou aux stations-service, afin de mettre en œuvre des subventions numériques ciblées.

Fournir gratuitement des poulets aux populations touchées par les crises alimentaires
Le gouvernement fournirait des poulets aux populations défavorisées, puis leur proposerait une formation afin de les aider à utiliser cet élevage comme moyen de sortir d’une situation d’insécurité alimentaire.
Un poulet peut être considéré comme une forme d’investissement lié ou d’épargne forcée, incitant les ménages à privilégier un actif productif plutôt que certaines dépenses de consommation. L’élevage de volailles nécessite relativement peu de capital et offre un taux de rotation élevé. Les ménages peuvent consommer les œufs et la viande produits par les poulets, mais également les vendre afin de générer des revenus.
Toutefois, une telle intervention ne peut être mise en œuvre de manière isolée : elle nécessite également la création d’infrastructures et de services de soutien. Des dispositifs complémentaires, notamment des services vétérinaires et des programmes de formation, doivent être mis en place. Il est également indispensable de faciliter l’accès des bénéficiaires aux marchés et de renforcer les liens commerciaux permettant la vente des œufs et des volailles. Des mesures doivent en outre être prises pour encourager les bénéficiaires à s’organiser collectivement afin de profiter d’économies d’échelle et de mieux accéder aux marchés.

Programmes de sensibilisation à la réduction du gaspillage alimentaire
L’Indonésie se classe au deuxième rang mondial en matière de pertes et de gaspillage alimentaires. Le pays produirait environ 13 millions de tonnes de déchets alimentaires chaque année. Entre 2000 et 2019, l’accumulation des pertes et du gaspillage alimentaires en Indonésie aurait atteint entre 23 et 48 millions de tonnes par an, soit l’équivalent de 115 à 184 kg par habitant et par an. Des études montrent que plus de 30 % des déchets produits en Indonésie proviennent de l’alimentation. Ces pertes représentent un coût estimé entre 213 000 et 551 000 milliards de roupies indonésiennes par an, soit environ 4 à 5 % du PIB indonésien. Sur le plan social, les pertes énergétiques associées aux pertes et au gaspillage alimentaires correspondraient à l’équivalent de 61 à 125 millions de portions alimentaires par personne, soit 29 à 47 % de la population. Cette situation contraste avec les données de la FAO, selon lesquelles 907 millions de personnes dans les pays en développement souffrent de pénuries alimentaires et de la faim. En Indonésie, il est estimé que 10,9 millions d’enfants de moins de cinq ans meurent chaque année de malnutrition, celle-ci étant à l’origine de 60 % des décès. Environ 18 % des enfants de moins de cinq ans, soit 3,2 millions d’enfants, souffrent de malnutrition en Indonésie.
- Programmes de dons alimentaires : le gouvernement encouragera les restaurants et les propriétaires de supermarchés à redistribuer leurs excédents alimentaires. Les fabricants et les détaillants du secteur alimentaire pourront prendre contact avec des organisations spécialisées dans la redistribution des denrées afin d’effectuer des dons. La redistribution des produits alimentaires excédentaires peut remplir deux objectifs : nourrir les personnes dans le besoin et réduire les pertes alimentaires.
- Soutien politique : les politiques publiques doivent favoriser la prévention, la réduction et la réutilisation des déchets alimentaires. Il convient d’établir une base de référence nationale sur le gaspillage alimentaire ainsi qu’une méthodologie permettant de mesurer les progrès réalisés par rapport aux objectifs fixés et d’identifier les domaines dans lesquels les investissements doivent être ciblés. Les pouvoirs publics peuvent également encourager des engagements volontaires en faveur de la réduction du gaspillage alimentaire et adopter une législation facilitant la réduction et la valorisation des déchets alimentaires.
- Amélioration des pratiques des entreprises : les entreprises doivent adopter et mettre en œuvre des technologies, des processus et des mesures destinés à prévenir et à réduire le gaspillage alimentaire. Il s’agit notamment d’identifier les domaines dans lesquels des progrès peuvent être réalisés, de soutenir l’adoption de nouvelles technologies, d’encourager la coopération entre les acteurs et d’intégrer systématiquement la réduction du gaspillage alimentaire dans les pratiques commerciales.
Restructuration des indicateurs de l’Indice national de sécurité alimentaire de l’Indonésie sur la base des indicateurs de l’Indice mondial de sécurité alimentaire
- Accessibilité financière : évolution du coût moyen des denrées alimentaires, proportion de la population vivant sous le seuil mondial de pauvreté, indice de revenu ajusté aux inégalités, commerce agricole, droits de douane sur les importations agricoles, liberté commerciale, programmes de filet de sécurité alimentaire, existence de programmes de protection alimentaire, financement des programmes de protection alimentaire, couverture des programmes de protection alimentaire et fonctionnement des programmes de protection alimentaire.
- Disponibilité : accès aux intrants agricoles, accès des agriculteurs au financement et aux produits financiers, accès à des produits financiers diversifiés, prix à la production agricole, accès aux services de vulgarisation agricole, organisations communautaires, autonomisation des agricultrices, recherche et développement agricoles, dépenses publiques consacrées à la recherche et au développement agricoles, accès aux technologies agricoles, à l’éducation et aux ressources, engagement en faveur des technologies innovantes, infrastructures agricoles, installations de stockage des récoltes, infrastructures d’irrigation, accès aux données de marché et aux services mobiles, volatilité de la production agricole, pertes alimentaires, infrastructures des chaînes d’approvisionnement, planification et logistique, infrastructures routières, infrastructures aériennes, portuaires et ferroviaires, suffisance de l’offre, adéquation de l’approvisionnement alimentaire, dépendance à l’aide alimentaire chronique, obstacles politiques et sociaux à l’accès, conflits armés, risque d’instabilité politique, corruption, inégalités entre les femmes et les hommes, engagements politiques en matière de sécurité alimentaire et d’accès à l’alimentation, stratégie de sécurité alimentaire et organisme national chargé de la sécurité alimentaire.
- Qualité et sécurité : diversité alimentaire, part des aliments non féculents, part de la consommation de sucre, normes nutritionnelles, recommandations alimentaires nationales, plan ou stratégie nationale de nutrition, étiquetage nutritionnel, suivi et surveillance nutritionnels, disponibilité des micronutriments, disponibilité alimentaire de la vitamine A, disponibilité alimentaire du fer selon la base mondiale de données sur les nutriments, disponibilité alimentaire du zinc, mécanismes de sécurité sanitaire des aliments, accès à l’eau potable, capacité à stocker les aliments en toute sécurité, qualité des protéines, sécurité sanitaire des aliments, législation pertinente en matière de sécurité alimentaire, mécanismes de sécurité sanitaire des aliments, accès à l’eau potable et capacité à conserver les aliments dans de bonnes conditions.
- Durabilité et adaptation : exposition aux risques, hausse des températures, sécheresse, inondations, élévation du niveau de la mer, risques liés à l’eau dans le secteur agricole, terres, dégradation des terres, pâturages, évolution des forêts, teneur en matière organique des sols, océans, rivières et lacs, eutrophisation, biodiversité marine, engagement politique en faveur de l’adaptation, flux de financement climatique, mise en œuvre de la comptabilité économique environnementale, mesures d’alerte précoce et agriculture intelligente face au climat, engagement en faveur de la gestion de l’exposition aux risques, politique nationale d’adaptation agricole, agriculture durable, gestion des risques de catastrophe, lutte contre les infestations de ravageurs et les maladies ainsi que coordination de la gestion des risques.
Résultats attendus
Les politiques de sécurité alimentaire proposées devraient produire progressivement des résultats à court, moyen et long terme. À court terme, leur succès se traduirait par la mise en place et le démarrage opérationnel de la plateforme alimentaire numérique proposée et des mécanismes ciblés de subventions numériques, par un meilleur accès des agriculteurs et des ménages vulnérables aux services concernés, par une sensibilisation accrue à la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires, ainsi que par le lancement de programmes de résilience climatique et de suivi de la sécurité alimentaire. Le gouvernement devrait également commencer à établir des données de référence et des mécanismes de suivi concernant la disponibilité et l’accessibilité financière des aliments, les pertes et le gaspillage alimentaires, la productivité agricole ainsi que les risques liés au climat. Ces premiers résultats permettraient de démontrer que les instruments proposés sont effectivement opérationnels et atteignent les bénéficiaires visés.
À moyen terme, le succès devrait se traduire par des améliorations mesurables de la connexion aux marchés, de la distribution alimentaire, de l’accès des ménages à une alimentation abordable et de l’efficacité des chaînes d’approvisionnement agricoles et alimentaires. Les agriculteurs devraient bénéficier d’un meilleur accès aux consommateurs, à la logistique, au financement, aux technologies et aux informations de marché, tandis que les ménages vulnérables devraient disposer d’un meilleur accès à une aide alimentaire ciblée. Les pertes et le gaspillage alimentaires devraient diminuer grâce aux améliorations apportées au stockage, à la transformation, à la distribution, à la redistribution et aux pratiques des consommateurs. Parallèlement, les pratiques agricoles résilientes au changement climatique, la gestion de l’eau, le stockage alimentaire, les systèmes d’alerte précoce et le suivi numérique devraient être progressivement intégrés à la gouvernance de la sécurité alimentaire. Une amélioration de la disponibilité et de la qualité des données relatives à la sécurité alimentaire permettrait également aux responsables publics d’identifier plus précisément les vulnérabilités et d’allouer les ressources de manière plus efficace.
À long terme, la réussite de ces politiques se traduirait par un système alimentaire indonésien plus résilient, inclusif, durable et fondé sur les données, capable de répondre aux chocs économiques, sociaux et climatiques. Les résultats attendus à long terme comprennent une amélioration de l’accessibilité financière et de la disponibilité des aliments, une productivité agricole accrue et de meilleures conditions de vie pour les agriculteurs, une réduction des pertes et du gaspillage alimentaires, une plus grande résilience face aux sécheresses, aux inondations et aux autres risques climatiques, ainsi qu’une coordination renforcée entre les institutions gouvernementales, les agriculteurs, les marchés, les prestataires logistiques et les consommateurs. Un Indice national de sécurité alimentaire renforcé permettrait d’évaluer en permanence ces différentes dimensions et d’adapter les politiques à l’évolution des conditions. À terme, les politiques proposées devraient contribuer à faire évoluer l’Indonésie d’une logique de réaction aux crises alimentaires vers un système de gouvernance proactive de la sécurité alimentaire intégrant la transformation numérique, la protection sociale, le développement agricole, la durabilité environnementale et la prise de décision fondée sur des données probantes.
