Immigration Policy Concept. The meeting at the white office table.

Nouveau cadre migratoire pour l’Occident : équilibre et sécurité

Les pays occidentaux se trouvent à un tournant critique dans la gouvernance de l’immigration, où les cadres politiques obsolètes peinent à équilibrer les obligations humanitaires, les besoins du marché du travail et la cohésion sociale. L’augmentation de l’immigration irrégulière, la surcharge des systèmes d’asile, la polarisation politique et la gestion fragmentée des frontières ont collectivement contribué à une perception du chaos plutôt que de l’opportunité. Pourtant, l’immigration, lorsqu’elle est gouvernée de manière stratégique, demeure un puissant moteur de croissance économique, de renouvellement démographique et d’innovation. Une nouvelle politique d’immigration pour l’Occident doit donc aller au-delà de la gestion réactive et de la gestion de crise, pour se tourner vers un cadre cohérent axé sur le développement, prévisible, équitable et exécutoire. En alignant les voies migratoires sur la demande de main-d’œuvre, en renforçant les canaux d’entrée légaux, en restaurant la crédibilité des systèmes d’asile et en inscrivant l’intégration comme un objectif politique central, les États occidentaux peuvent transformer l’immigration d’une source de chaos en un catalyseur de développement durable et de stabilité sociale. Ci-dessous, nous discuterons des différents aspects de cette nouvelle politique d’immigration.

Politique d’évaluation complète de l’économie de chaque pays occidental

Un aspect clé de la nouvelle politique d’immigration exige que les pays occidentaux réalisent des évaluations approfondies et fondées sur des preuves de leurs économies, en analysant au-delà des indicateurs fondamentaux comme le PIB et le taux de chômage. Cela inclut l’examen des dynamiques sectorielles spécifiques, des écarts de productivité et des besoins en main-d’œuvre dans des secteurs qui dépendent fortement de la mobilité de la main-d’œuvre, tels que les soins de santé et l’agriculture. L’objectif est d’établir des stratégies de main-d’œuvre basées sur des données qui répondent aux demandes économiques réelles, en améliorant l’utilisation de la main-d’œuvre locale par l’éducation et la formation. L’immigration doit compléter, et non remplacer, le développement de la main-d’œuvre locale. Ce n’est qu’après avoir optimisé la main-d’œuvre nationale que les pays devraient évaluer leurs besoins en main-d’œuvre immigrée, en créant des voies migratoires ciblées et réglementées pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre spécifiques. Cette méthode lie l’immigration à une nécessité économique, favorisant la croissance des entreprises et la durabilité des services publics tout en encourageant la stabilité financière à long terme.

La plupart des systèmes d’immigration occidentaux utilisent des mécanismes de filtrage avant l’entrée pour gérer les risques liés à la sécurité et améliorer l’adéquation avec le marché du travail, bien que leur portée et leur rigueur varient considérablement. Les systèmes basés sur des points, comme ceux de l’Australie et du Canada, illustrent comment l’éducation, la maîtrise de la langue et la demande professionnelle peuvent être systématiquement intégrées dans les décisions de sélection. En même temps, les cadres de reconnaissance des diplômes trop rigides ont montré qu’ils sous-utilisaient les compétences des migrants, en particulier dans les professions réglementées. Le contrôle de la sécurité et les évaluations de santé reflètent également un équilibre entre la prévention des risques et la proportionnalité administrative. Les données analytiques suggèrent que le filtrage avant l’entrée est le plus efficace pour contribuer aux résultats d’intégration lorsqu’il est transparent, interopérable entre les agences, et complété par une reconnaissance des diplômes et des compétences après l’arrivée. Le filtrage fonctionne donc moins comme un outil de gardiennage que comme un mécanisme de gouvernance anticipatrice qui façonne les trajectoires d’intégration en aval.

Politique de vérifications complètes des immigrants avant leur arrivée

Un autre élément central de la nouvelle politique d’immigration est la mise en place d’un cadre standardisé de filtrage avant l’entrée dans les pays occidentaux. Ce cadre inclut des vérifications complètes des antécédents, telles que la vérification des antécédents criminels internationaux, l’authentification biométrique de l’identité et la validation stricte des diplômes et des qualifications professionnelles pour prévenir les fraudes. La vérification des diplômes doit se faire directement auprès des institutions accréditées, tandis que les licences professionnelles doivent être reconnues par les organismes de réglementation certifiés. Ces mesures visent à renforcer la sécurité nationale, protéger les marchés du travail et maintenir l’intégrité des systèmes de migration qualifiée. La politique établit également des normes claires de préparation à l’entrée, centrées sur la capacité d’intégration et le bien-être public. Cela comprend des critères obligatoires de maîtrise de la langue, pertinents pour la participation au travail et à la vie civique, des examens de santé complets pour protéger la santé publique, et des évaluations de l’employabilité et de l’adéquation sectorielle. Les évaluations de santé se concentrent sur la prévention et la préparation, assurant la transparence en ce qui concerne l’accès aux soins de santé à l’arrivée. D’autres facteurs, comme la vérification de l’autosuffisance financière et une formation d’orientation sur les lois et les normes sociales, sont également suggérés pour minimiser les risques d’intégration.

En adoptant des vérifications pré-arrivée complètes, équitables et transparentes, les nations occidentales peuvent faire passer leur gouvernance migratoire d’une position réactive à une planification proactive, en veillant à ce que les nouveaux arrivants soient prêts à contribuer à la croissance économique et à la stabilité sociale dès leur arrivée. L’expérience comparative suggère que l’efficacité des politiques dépend moins de la sévérité des règles énoncées que de la cohérence et de la crédibilité de leur mise en œuvre. Par exemple, les politiques de traitement offshore et d’interception maritime de l’Australie ont considérablement réduit les arrivées non autorisées, mais ont également généré un débat juridique et éthique soutenu sur la conformité aux droits de l’homme. En revanche, plusieurs États membres de l’Union européenne ont combiné des contrôles frontaliers plus stricts avec des voies d’entrée légales étendues, produisant des résultats mitigés où les lacunes dans l’application continuent d’inciter à l’entrée irrégulière. Ces cas montrent que la dissuasion de l’immigration irrégulière est la plus efficace lorsque l’application est prévisible, juridiquement encadrée et accompagnée d’alternatives légales accessibles. D’un point de vue analytique, le principal compromis politique réside entre la légitimité institutionnelle et la dissuasion : les systèmes trop permissifs risquent d’éroder le respect des règles. En même temps, des approches excessivement rigides peuvent provoquer des contestations juridiques et des réactions humanitaires. Une gouvernance efficace nécessite donc une application calibrée, inscrite dans un cadre juridique cohérent pour l’immigration, plutôt qu’une interdiction catégorique.

Politique de vérification complète et approfondie des immigrants avant leur arrivée

Un nouveau cadre d’immigration introduit un système de migration de travail basé sur des rotations structurées, permettant l’admission des immigrants sur des contrats définis et à durée déterminée, généralement d’une à deux ans, en fonction des évaluations économiques préalables liées à des secteurs et des employeurs spécifiques. À la fin de ces contrats, les migrants sont censés retourner dans leurs pays d’origine, assurant ainsi un flux contrôlé de main-d’œuvre qui réduit les pressions de l’installation à long terme et la charge sur les services publics. Ce système favorise l’équité en élargissant l’accès aux opportunités de travail, permettant à un plus grand nombre de personnes de participer à la migration légale, à condition de répondre aux critères d’éligibilité. Pour inciter à la productivité et à l’intégration, la politique inclut un mécanisme d’extension basé sur la performance, permettant aux immigrants ayant des performances exceptionnelles au travail, une bonne acquisition de la langue et des évaluations favorables de se qualifier pour le renouvellement de leur contrat ou un statut à plus long terme. Cette approche équilibrée renforce l’immigration en tant que partenariat réglementé et axé sur le développement, offrant des opportunités sans se tourner vers la permanence, atténuant ainsi les préoccupations concernant les changements démographiques dans les sociétés d’accueil.

Les systèmes de migration de travail temporaires et rotatifs ont été largement adoptés pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre spécifiques tout en limitant les pressions liées à l’installation permanente. Des programmes comme le Programme des travailleurs étrangers temporaires du Canada et les systèmes contractuels du Conseil de coopération du Golfe illustrent à la fois les avantages et les risques des modèles de rotation. D’une part, les contrats à durée déterminée offrent de la flexibilité aux employeurs et permettent aux gouvernements de réguler le volume des flux migratoires avec plus de précision. D’autre part, des protections de travail faibles et des droits de mobilité limités ont, dans certains cas, conduit à l’exploitation des travailleurs et à une réduction de la productivité. Les preuves comparatives suggèrent que les systèmes de rotation sont les plus efficaces lorsqu’ils sont associés à des normes de travail applicables, des critères de renouvellement transparents et des incitations au retour liées au transfert de compétences ou aux avantages du développement dans les pays d’origine. Ainsi, la migration rotative ne doit pas être comprise comme un simple mécanisme de contrôle, mais comme un instrument politique dont les résultats dépendent de la conception réglementaire et de la coopération bilatérale.

Politique de non-accès aux aides sociales ou à l’argent gratuit pour les immigrants, réfugiés ou demandeurs d’asile

Un autre aspect clé du cadre d’immigration proposé est la séparation entre la migration de travail et l’accès aux droits sociaux. Cette politique applique un principe de « pas de bien-être gratuit, pas d’argent gratuit » pour les immigrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile pendant leur séjour initial, afin de prévenir la dépendance aux aides sociales et de protéger les systèmes publics. Les systèmes de bien-être sont destinés à être des filets de sécurité pour les citoyens et les contributeurs à long terme ; donner un accès illimité aux nouveaux arrivants pourrait compromettre leur durabilité. L’accent est mis sur l’autonomie par le travail, les immigrants étant admis en fonction de leur employabilité et des besoins du marché du travail. Un soutien conditionnel limité peut être accordé pour éviter des crises humanitaires, mais pas comme un substitut à l’emploi. Pour les réfugiés et les demandeurs d’asile, l’accès rapide au travail est une priorité pour réduire la dépendance à long terme et restaurer leur dignité. L’éligibilité aux prestations sociales plus larges peut éventuellement être liée à un emploi stable et à des contributions fiscales. Cette approche vise à reformuler l’immigration comme un système basé sur l’effort et la contribution, renforçant ainsi la cohésion sociale tout en préservant les ressources publiques.

L’accès aux prestations sociales pour les immigrants, réfugiés et demandeurs d’asile demeure l’une des dimensions les plus sensibles sur le plan politique de la gouvernance de l’immigration. Des preuves empiriques en provenance de pays comme l’Allemagne et la Suède suggèrent qu’un accès précoce à l’aide sociale peut aider à stabiliser les nouveaux arrivants lors de leur installation initiale. Cependant, cela peut également retarder l’intégration sur le marché du travail si cela n’est pas accompagné de politiques d’activation solides. À l’inverse, des systèmes dans des pays comme le Canada et le Royaume-Uni conditionnent de plus en plus l’accès aux prestations à des facteurs tels que la participation à l’emploi, l’acquisition de la langue ou la durée de résidence. Ces modèles suggèrent que la conception des aides sociales fonctionne comme un signal politique, façonnant les incitations à l’autonomie et à l’intégration. Plutôt que d’adopter une inclusion inconditionnelle ou une exclusion totale, l’analyse comparative indique que les régimes d’aide sociale devraient être conditionnels, trouvant un équilibre entre la protection humanitaire et la responsabilité fiscale. Le défi analytique réside dans la conception de seuils qui évitent la dépendance à long terme sans nuire à la cohésion sociale ni enfreindre les normes internationales de protection.

Politique d’interdiction totale de l’immigration illégale

Un engagement strict envers l’État de droit caractérise le cadre d’immigration proposé, qui impose une interdiction d’entrée illégale et de présence illégale. Les pays occidentaux rejetteraient les demandes d’immigration et d’asile résultant de violations des lois sur l’immigration, telles que les traversées frontalières non autorisées et la fraude documentaire. Cette politique vise à préserver la crédibilité institutionnelle, car la tolérance envers l’illégalité à l’entrée compromet la conformité et la confiance du public. De plus, l’immigration illégale non contrôlée est liée à la criminalité transnationale, les réseaux organisés exploitant des routes irrégulières pour le trafic humain, le trafic de drogue, le travail forcé, et plus encore. Une politique de tolérance zéro envers l’entrée illégale, couplée à une application robuste et à des expulsions, cherche à perturber ces activités criminelles et à prévenir l’exploitation des populations vulnérables. La politique exige des procédures d’expulsion rapides pour les personnes entrant ou restant illégalement dans le pays, garantissant que les expulsions respectent les procédures régulières et les normes des droits de l’homme tout en empêchant les failles procédurales. Les voies légales d’immigration et d’asile sont maintenues et doivent être empruntées de manière légale, renforçant ainsi le principe selon lequel les opportunités sont liées au respect de la loi. Cela garantit que l’ordre est rétabli, la sécurité renforcée et les dispositions humanitaires protégées pour les individus respectueux de la loi.

Politique d’interdiction totale des publicités ou de l’utilisation des femmes occidentales pour attirer des migrants

Le nouveau cadre d’immigration prévoit une interdiction totale des pratiques publicitaires trompeuses qui exploitent l’objectification des femmes occidentales pour attirer des migrants des pays en développement. De telles publicités, souvent diffusées via les réseaux sociaux et par des agences non régulées, déforment la réalité et exploitent les stéréotypes de genre, présentant des opportunités sociales ou romantiques comme des voies d’immigration. Ces pratiques dénaturent le but fondamental de l’immigration, qui devrait se concentrer sur le travail légal, les compétences ou la protection, tout en portant atteinte à la dignité des femmes en les traitant comme des outils marketing. La politique vise à lutter contre la cible disproportionnée des populations non éduquées, sans emploi et économiquement vulnérables, conduisant à de fausses attentes et à des tentatives d’immigration irrégulières. De plus, ces campagnes trompeuses impliquent souvent des intermédiaires frauduleux, entraînant des pertes financières, des risques juridiques pour les migrants, et des flux migratoires qui ne répondent pas aux besoins du marché du travail.

Pour lutter contre ce problème, les pays occidentaux devraient établir des unités de surveillance spécialisées pour démanteler et poursuivre les pratiques trompeuses, en collaborant avec les plateformes numériques et les régulateurs pour éliminer le contenu illicite et appliquer des sanctions. Des interdictions légales contre la manipulation de genre dans les publicités migratoires doivent être mises en œuvre pour garantir que les décisions migratoires soient prises de manière légale, informée et respectueuse de la dignité des femmes. De plus, bien que les pays occidentaux comptent souvent sur l’immigration pour faire face à la baisse des taux de natalité, les études suggèrent que ce n’est pas une solution à long terme pour stabiliser les ratios de dépendance. Des pays comme la France et la Hongrie montrent que la durabilité démographique est étroitement liée aux conditions du marché du travail, à l’égalité des sexes et aux politiques familiales, plutôt qu’à une dépendance exclusive aux incitations financières. L’immigration et les politiques démographiques doivent être vues comme complémentaires, avec un focus sur des investissements équilibrés dans la politique familiale pour atténuer les pressions migratoires et favoriser la cohésion sociale.

Politique de facilités exceptionnelles et de récompenses pour les femmes occidentales devenant nouvelles mères

Une nouvelle stratégie démographique et de développement vise à inciter les femmes occidentales à avoir des enfants en réponse à la baisse des taux de natalité, au vieillissement des populations et à la réduction des effectifs de travail. Au lieu de se reposer uniquement sur l’immigration, qui a été le mécanisme compensatoire habituel, cette politique reconsidère la maternité comme un bien public essentiel à la durabilité nationale. Les femmes qui donnent naissance bénéficieraient de diverses incitations financières, telles que des réductions d’impôts sur le revenu, des exonérations de taxes foncières, des taux hypothécaires préférentiels, ainsi qu’un soutien accru pour la garde d’enfants et les soins de santé. Ces mesures visent à alléger les pressions financières qui découragent la natalité. La politique met l’accent sur un système de soutien cumulatif où une taille de famille plus grande entraîne une aide à long terme plus importante, créant ainsi des incitations transparentes pour la formation de la famille sans pression. Ce changement vise à réduire les pénalités économiques associées à la grossesse et à l’éducation des enfants, et à responsabiliser les femmes dans leurs décisions familiales. Contrairement aux primes monétaires à court terme, l’allègement fiscal durable reflète un engagement à long terme de l’État, fournissant de la stabilité pendant les années difficiles d’éducation des enfants. En se concentrant sur l’augmentation des taux de natalité natifs, la politique remet également en question la justification de l’immigration de masse, en plaidant pour une politique démographique durable qui réduit la dépendance au travail étranger.

En fin de compte, cette approche vise à harmoniser l’offre de main-d’œuvre avec la continuité culturelle et la durabilité fiscale, en positionnant l’immigration comme un outil sélectif plutôt que comme une solution principale aux défis démographiques. Plusieurs pays occidentaux comptent implicitement sur l’immigration pour compenser la baisse de la fertilité et le vieillissement de la population, mais la recherche démographique comparative suggère que l’immigration seule ne peut pas stabiliser pleinement les ratios de dépendance à long terme. Des pays comme la France et la Hongrie ont expérimenté des politiques pro-natales, offrant des incitations fiscales et un soutien à la garde d’enfants pour encourager la formation de familles, avec des résultats inégaux mais instructifs. La Hongrie représente un modèle budgétaire pro-nataliste plus explicite. Le gouvernement a introduit des exonérations fiscales à vie pour les femmes ayant quatre enfants ou plus, des prêts hypothécaires subventionnés pour les familles et des régimes hypothécaires préférentiels pour les nouveaux parents. Ces exemples montrent que la durabilité démographique est influencée par les conditions du marché du travail, l’égalité des sexes, l’accessibilité au logement et l’équilibre travail-vie personnelle, plutôt que par les seules incitations financières. Du point de vue du cadre politique, l’immigration et la politique démographique doivent être considérées comme des instruments complémentaires plutôt que des substituts. Une dépendance excessive aux flux continus de main-d’œuvre pourrait retarder les réformes structurelles, tandis qu’un investissement équilibré dans la politique familiale peut modérer les pressions migratoires à long terme et améliorer la cohésion sociale.

Politique de restriction de la citoyenneté et de résidence de longue durée sans naturalisation

Certains pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), en particulier l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et le Qatar, ont adopté un modèle de gouvernance de l’immigration qui différencie clairement la résidence de longue durée de la citoyenneté. Ce modèle accorde des visas de résidence renouvelables aux ressortissants étrangers tout en limitant l’accès à la citoyenneté de droit du sol ou à la naturalisation, traitant la citoyenneté comme un privilège lié à la lignée et à l’identité nationale. Ce faisant, ces pays gèrent le contrôle démographique, dépendent de la main-d’œuvre étrangère pour la croissance économique et renforcent l’autorité de l’État sur la démographie et le bien-être, tout en réduisant les obligations fiscales à long terme associées aux retraites et à la sécurité sociale. Ainsi, la migration reste temporaire, créant un fossé important entre citoyens et non-citoyens.

Bien que ce modèle offre une clarté administrative, il rencontre des défis tels que des droits limités pour les résidents, une intégration sociale restreinte et une dépendance aux visas sponsorisés par les employeurs. Les pays du CCG imposent des réglementations strictes en matière d’immigration, contrairement aux démocraties occidentales qui privilégient l’égalité et les droits de l’homme. Dans ces contextes occidentaux, les discussions sur la citoyenneté de droit du sol et la naturalisation évoluent, certains pays optant pour une citoyenneté conditionnelle nécessitant des critères de résidence plus stricts tout en permettant tout de même un processus de naturalisation. Cette analyse met en évidence la diversité des approches politiques, allant de la résidence permanente sans citoyenneté automatique à la naturalisation basée sur le mérite. Bien que le système du CCG se concentre sur le contrôle démographique plutôt que sur l’inclusion politique, il sert de cas d’étude précieux pour les pays occidentaux examinant la gestion de la migration et ses implications pour la construction nationale. Reconnaître les interactions complexes entre citoyenneté et résidence est essentiel, car cela transforme ces concepts de droits automatiques en atouts politiques stratégiquement gérés.

Politique de privatisation de la religion et de restriction de l’expression religieuse publique

Les politiques visant à privatiser la religion cherchent à limiter la croyance et la pratique religieuses aux espaces privés, tout en interdisant les expressions publiques telles que les symboles, les prières ou la prosélytisme. Les partisans de ces politiques soutiennent qu’elles favorisent la neutralité civique et réduisent les conflits religieux dans les sociétés diversifiées. Cependant, ces politiques soulèvent d’importantes questions juridiques et normatives, notamment en ce qui concerne les droits humains internationaux, l’Article 18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques soulignant la nécessité de permettre les manifestations religieuses publiques. Les preuves suggèrent que les interdictions générales sur l’expression religieuse peuvent être contre-productives, comme l’indiquent des affaires judiciaires telles que S.A.S. v. France, qui met en avant la nécessité de la proportionnalité dans les restrictions légales. Les expériences en France et au Québec montrent que la gouvernance laïque peut respecter les expressions religieuses visibles sans nuire à l’unité sociale. La recherche indique que des limitations strictes imposées par l’État peuvent provoquer des tensions sociales au lieu de promouvoir l’harmonie. Bien que les partisans de ces politiques soulignent les avantages d’une simplification administrative et de l’égalité, des restrictions excessives risquent d’éroder les libertés individuelles et d’aliéner les religions minoritaires, les forçant à s’exprimer en privé et potentiellement augmentant les conflits. Les politiques visant à anonymiser l’identité religieuse pour éviter son exploitation politique peuvent également empiéter sur la liberté d’expression et l’identité personnelle. Ainsi, les stratégies de privatisation doivent naviguer prudemment entre égalité, liberté et cohésion sociale afin d’éviter de compromettre la stabilité et l’inclusivité qu’elles cherchent à promouvoir.

Risques stratégiques et remarques finales

Les cadres stratégiques en matière d’immigration offrent des avantages économiques et sociaux potentiels, mais comportent également des risques importants nécessitant une gestion proactive. Parmi les principaux risques figurent l’empiètement institutionnel en raison de capacités administratives insuffisantes, qui peut être atténué par une mise en œuvre progressive et un investissement dans les infrastructures numériques. Des distorsions sur le marché du travail peuvent découler de la dépendance à la main-d’œuvre migrante, nécessitant son intégration dans des réformes plus larges du marché du travail. La polarisation sociale et le retour politique peuvent émerger de politiques perçues comme excluantes, ce qui peut être abordé par une communication transparente et un processus de conception participatif. Les préoccupations en matière de droits humains liées à des contrôles plus stricts exigent de respecter les garanties juridiques dans l’élaboration des politiques. Enfin, les retombées externes affectant les pays d’origine soulignent la nécessité d’accords migratoires équitables liés au développement. En somme, il est essentiel de bien réfléchir à ces risques et aux stratégies d’atténuation correspondantes pour une réforme efficace des politiques migratoires.

Résumé

La nouvelle politique migratoire proposée pour les pays occidentaux redéfinit l’immigration comme un système discipliné et orienté vers le développement, fondé sur la légalité, le réalisme économique et la durabilité sociale. En alignant l’immigration avec les besoins de main-d’œuvre vérifiés, en imposant des normes strictes d’entrée et de comportement, en éliminant la dépendance au welfare, en rejetant l’illégalité et l’exploitation, et en investissant simultanément dans le renouvellement démographique interne, les gouvernements peuvent restaurer la confiance publique et la cohérence des politiques. L’immigration n’est ni rejetée ni idéalisée ; elle est régulée en tant qu’instrument stratégique plutôt que substitut à une gouvernance fragile ou à l’inaction démographique. Lorsqu’elle est mise en œuvre de manière cohérente, ce cadre offre une voie crédible pour mettre fin au chaos systémique, renforcer la résilience nationale et garantir que le développement et la stabilité sociale soient atteints sur des bases légales et éthiques.

First published in: World & New World Journal
Muhammad Younus

Muhammad Younus

Muhammad Younus a obtenu sa licence en informatique à l'Université de l'Institut d'économie et de technologie de Karachi (KIATU) en 2019, au Pakistan. Ce cursus de quatre ans a nourri sa persévérance et son désir d'acquérir des connaissances approfondies dans ce domaine. Après ses études, il a travaillé plusieurs années comme analyste informatique d'affaires au sein de l'équipe de développement de produits et de recherche de TPL Logistics, une jeune entreprise de logistique pakistanaise. Notre objectif est de digitaliser les opérations logistiques au Pakistan, du premier au dernier kilomètre. En 2024, il a obtenu un master en sciences politiques à l'Université Muhammadiyah de Yogyakarta, en Indonésie. Ses recherches portent sur la transformation de la gouvernance et du secteur public par le biais des technologies. Cette expérience a renforcé sa confiance en lui et a suscité en lui le désir de se consacrer à la recherche. L'interdisciplinarité de ce domaine l'a convaincu de faire ce choix, car il représente la voie idéale pour une carrière de chercheur passionnante. Il est par ailleurs confiant de pouvoir contribuer aux travaux en cours. En travaillant sous la direction d'une équipe de haut niveau, je pourrai sans aucun doute exploiter pleinement mon potentiel. Muhammad Younus est doctorant en sciences politiques à l'Université Muhammadiyah de Yogyakarta (UMY), en Indonésie. Il est titulaire d'une double formation en informatique et en administration publique. Ses travaux portent sur la gouvernance numérique, la participation citoyenne et l'innovation durable dans les services publics en Asie du Sud-Est et du Sud. Il est l'auteur de plus de 60 publications internationales.

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Halimah Abdul Manaf

La professeure Halimah Abdul Manaf est une universitaire distinguée dans le domaine de la gestion publique et occupe actuellement le poste de directrice adjointe de l'Asian Research Institute for Corporate Governance (ARICG). Elle est également l'ancienne doyenne de la School of Government de l'Universiti Utara Malaysia (UUM). La professeure Halimah est titulaire d'un doctorat en gestion publique de l'Université de Hull, au Royaume-Uni, et a effectué son stage postdoctoral à l'Université d'Exeter, également au Royaume-Uni. Ses intérêts de recherche couvrent l'administration stratégique du secteur public, la gouvernance, la participation numérique et l'administration locale. Elle est membre du conseil exécutif de l'Asia Pacific Society for Public Affairs (APSPA), siège au comité de rédaction de plusieurs revues académiques et évalue des manuscrits pour des publications internationales de renom telles que Public Management Review, l'International Journal of Public Administration et l'International Journal of Public Sector Management and Performance. De plus, la professeure Halimah apporte son expertise en tant que conseillère stratégique au niveau du gouvernement d'État en Malaisie.

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Achmad Nurmandi

Le Prof. Dr. Achmad Nurmandi, M.Sc., est le premier professeur de sciences gouvernementales au sein des programmes MIP et IP de l'UMY (Universiti Muhammadiyah Yogyakarta). En 2017, le ministère de la Recherche, de la Technologie et de l'Enseignement supérieur lui a décerné le titre de professeur titulaire à la MIP/MGAA et à l'IP UMY dans le domaine des sciences gouvernementales. Le Prof. Dr. Achmad Nurmandi, M.Sc., occupe également les fonctions de vice-recteur de l'UMY et est membre du Conseil de recherche et développement de l'enseignement supérieur du PP Muhammadiyah.

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