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Le droit de conduire des femmes saoudiennes : statistiques et impact économique

Depuis longtemps, l’Arabie saoudite interdisait aux femmes de conduire, mais désormais, elles peuvent obtenir un permis de conduire et circuler librement. Ce changement ouvre la voie à une plus grande mobilité des femmes saoudiennes et à une expansion de leurs activités économiques. Comment réagissent-elles, et quelles sont les réponses des pays voisins ?

Le combat des femmes

Au milieu du XXᵉ siècle, l’Arabie saoudite a connu une profonde transformation, alimentée par les revenus du pétrole. De nouveaux ministères et organismes furent créés pour gérer le développement économique, tandis qu’une élite technocratique émergeait, entrant en conflit avec l’establishment religieux wahhabite. Les grèves et les mouvements nationalistes ont mis en lumière les inégalités sociales, poussant la monarchie à renforcer son contrôle sur le pays. Cette période de modernisation fut donc marquée à la fois par des progrès et des restrictions, telles que l’interdiction faite aux femmes de conduire en 1957 [1].

Alors que l’interdiction restait en vigueur, entre 1990 et 2017, de nombreuses protestations (des groupes de femmes prenant le volant), campagnes (« Apprends-moi à conduire pour que je puisse me protéger » ou #Women2Drive [2]) et mouvements contre cette interdiction ont vu le jour. Des figures importantes comme Wajeha al-Huwaider [3], Loujain al-Hathloul [4] ou Manal al-Shariff [5], entre autres, ont défié cette interdiction. Après de nombreux obstacles, leur lutte a finalement abouti en 2018.

Annoncée à la fin de 2017 et entrée en vigueur le 24 juin 2018 [6], la levée de l’interdiction a permis aux femmes de demander et d’obtenir un permis de conduire et de circuler librement. Cette mesure s’inscrit dans les réformes du jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, dans le cadre de sa vision et de sa politique de transformation économique et sociale du Royaume.

Statistiques et impact de la mesure

La levée de l’interdiction de conduire pour les femmes a largement dépassé les attentes initiales. Les autorités saoudiennes prévoyaient qu’environ 2 000 femmes auraient obtenu leur permis de conduire au moment de la levée de l’interdiction [7]. Cependant, au cours des sept premiers mois, près de 40 000 femmes ont reçu leur permis, selon le département saoudien de la circulation routière [8].

Par la suite, un rapport publié par la General Authority for Statistics (GASTAT) a montré qu’après 19 mois, le nombre total de femmes titulaires d’un permis de conduire avait atteint 174 624. Le rapport indique que 90 % des permis délivrés à des femmes saoudiennes se concentraient dans les régions de Riyad, La Mecque et de la Province orientale [9].

De plus, une étude menée par PwC (2018) prévoyait que 3 millions de femmes deviendraient de nouvelles conductrices dans le Royaume d’ici 2020, soulignant ainsi l’ampleur de cette transformation sociale et économique.

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Figure 1 : Permis de conduire pour les femmes – prévisions versus réalité

Un an après que les femmes ont été autorisées à conduire, le projet national de recherche She Drives KSA a interrogé près de 30 000 personnes à travers l’Arabie saoudite en 2019 [10]. L’objectif de cette étude était de comprendre les effets de la réforme sur les ménages, les comportements de déplacement, le développement durable et la sécurité routière.

Les principaux résultats de cette recherche sont les suivants :

Ménages et voitures : la proportion de foyers comptant au moins une femme titulaire d’un permis de conduire est passée de 22 % avant la réforme à près de 64 % après. Environ un ménage sur quatre a acheté une nouvelle voiture, et la demande en stationnement — notamment sur la voie publique — a nettement augmenté.

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Figure 2 : Ménages avec une femme titulaire d’un permis de conduire

Chauffeurs privés : la dépendance envers les chauffeurs privés a fortement diminué, passant de près de la moitié des ménages (46 %) à un peu plus d’un quart (27 %). La plupart des familles ont directement associé ce changement au fait que les femmes conduisent désormais elles-mêmes. Parmi celles qui emploient encore un chauffeur, la majorité sont des non-Saoudiens, principalement originaires de l’Inde.

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Figure 3 : Dépendance aux chauffeurs privés avant et après la levée de l’interdiction

Femmes et permis de conduire : près des deux tiers des femmes interrogées détiennent désormais un permis de conduire, bien que la formation implique souvent de longs délais d’attente. Pour beaucoup, ce changement a eu un impact économique réel : environ 16 % ont déclaré un changement dans leur situation professionnelle, et plus de 64 % ont indiqué que leur revenu avait augmenté depuis qu’elles conduisent. Le coût moyen de la formation varie généralement entre 2 000 et 3 000 riyals saoudiens (SAR).

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Figure 4 : Résultats économiques rapportés par les femmes – étude She Drives KSA

Comportements de déplacement : les habitudes de mobilité quotidienne ont considérablement évolué. Beaucoup moins de femmes voyagent désormais comme passagères dans les voitures familiales, tandis qu’un grand nombre prennent elles-mêmes le volant. L’utilisation des services de covoiturage ou de VTC a chuté d’environ 17 %. Les femmes conduisent principalement pour se rendre au travail, à des établissements d’enseignement, à des activités de loisirs, ou pour effectuer des courses. Près des trois quarts des femmes titulaires d’un permis conduisent régulièrement, et beaucoup transportent également leurs frères et sœurs, enfants ou parents. La majorité déclarent que conduire leur procure un sentiment d’indépendance, de confiance et de fierté.

Préférences automobiles : la plupart des femmes titulaires d’un permis envisagent d’acheter leur propre véhicule, avec une préférence marquée pour les voitures neuves. Les critères les plus importants sont la sécurité, le prix, la stabilité et la consommation de carburant, tandis que le coût d’achat demeure le principal obstacle.

Attitudes : hommes et femmes perçoivent positivement la conduite féminine, bien que les femmes soient plus enclines à l’associer à une forme d’autonomisation et à une augmentation de leurs revenus. La majorité, dans les deux groupes, rejette l’idée selon laquelle la conduite des femmes contribuerait à la pollution.

Sécurité routière : les femmes expriment une plus grande confiance en matière de sécurité que les hommes. Plus de 70 % ne croient pas que la conduite féminine entraîne davantage d’accidents. Environ 15 % des conductrices ont déclaré avoir eu un accident, mais presque tous étaient mineurs et sans victimes.

Politiques de soutien : il existe un fort appui pour des mesures facilitant cette transition, telles que la création de nouvelles auto-écoles pour femmes, la réduction des coûts de formation, ainsi que l’amélioration des routes et des infrastructures de stationnement. Près de 90 % des femmes et environ trois quarts des hommes souhaitent une baisse du coût des formations.

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Figure 5 : Politiques de soutien – réduction des coûts de formation à la conduite pour les femmes

En termes simples, un an après la levée de l’interdiction, la conduite des femmes en Arabie saoudite a permis de réduire la dépendance aux chauffeurs privés, de stimuler l’achat de voitures et de renforcer l’autonomisation économique des femmes.

Bien que les hommes se montrent légèrement plus prudents en matière de sécurité routière, l’impact global sur la société est perçu positivement, et cette influence favorable semble appelée à se poursuivre à l’avenir.

Transformation économique, opportunités et défis pour le Royaume

Sur le plan économique, cette mesure représente une étape essentielle dans la réalisation du programme Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane. Elle s’inscrit non seulement dans une démarche d’ouverture sociale de la société saoudienne, mais aussi dans une volonté de diversifier l’économie et de réduire la dépendance du pays au secteur pétrolier.

Selon Euro Group Consulting [11], la décision de lever l’interdiction de conduire aura des effets profonds, à la fois immédiats et durables, sur la mobilité, l’indépendance et la participation économique des femmes en Arabie saoudite. (Comme l’indique le rapport She Drives KSA, les premiers résultats sont déjà visibles).

Au-delà d’un progrès symbolique en matière de droits des femmes et d’égalité des genres, le fait de permettre aux femmes de conduire s’est traduit par une hausse de leur participation économique et de leur présence sur le marché du travail. Le Royaume visait une augmentation du taux d’activité féminine de 22 % à 30 %, mais cet objectif a été atteint et dépassé plus tôt que prévu, atteignant 36 % en 2021 [12].

L’inclusion économique a créé de nouvelles opportunités d’emploi dans les domaines de la vente, du marketing, des services sur le terrain, du transport et de la logistique, tout en stimulant la création de nouvelles entreprises. Ce changement est devenu un pilier de la transformation culturelle et sociale que le Royaume souhaite mettre en œuvre (Euro Group Consulting, n.d).

D’après le rapport de PwC [13], l’arrivée de 3 millions de nouvelles conductrices génère des opportunités immédiates dans plusieurs secteurs spécifiques. La demande de permis de conduire et d’auto-écoles, en particulier celles destinées aux femmes, a augmenté de manière spectaculaire. Les ventes automobiles devraient croître, avec un taux de croissance annuel prévu de 9 % d’ici 2025, contre 3 % auparavant. Le marché des voitures d’occasion et celui de la location automobile sont également en forte expansion. Enfin, le secteur de l’assurance automobile devrait atteindre une valeur de 30 milliards de riyals saoudiens (SAR) d’ici 2020.

Les constructeurs automobiles tels que Toyota et General Motors (avec les marques Chevrolet et GMC) ont tiré profit de cette évolution, en adaptant leurs stratégies pour capter ce nouveau segment de marché. Ce changement ne s’est pas seulement traduit par une hausse des ventes, mais aussi par la création de nouveaux emplois dans le secteur. Par ailleurs, selon un rapport de Bloomberg Economics, la levée de l’interdiction pourrait ajouter jusqu’à 90 milliards de dollars à l’économie saoudienne d’ici 2030 [14].

Les opportunités ne concernent pas uniquement les grandes entreprises : de nombreuses femmes entrepreneures ont saisi cette transformation pour créer leurs propres activités, notamment dans les services de transport réservés aux femmes. Un exemple marquant est celui de Reema Juffali, devenue la première femme saoudienne pilote de course, la première à détenir une licence de pilotage automobile et la première à remporter une compétition internationale. Aujourd’hui, Reema concourt dans le Championnat International GT Open avec sa propre équipe saoudienne, Theeba Motorsport [15].

La présence accrue des femmes sur les routes a également un impact social : elle modifie les comportements, les habitudes de consommation et les loisirs. Cependant, certains défis à long terme subsistent. Le plus évident concerne l’infrastructure, notamment les routes, carrefours et espaces de stationnement, qui doivent être améliorés pour répondre à la nouvelle demande. Sur le plan économique, d’autres enjeux apparaissent : les compagnies d’assurance pourraient augmenter leurs tarifs en raison du manque de données sur le comportement des conductrices, tandis que le marché de la location automobile pourrait également subir des fluctuations.

Réactions des pays

À l’intérieur du pays, la levée de l’interdiction de conduire pour les femmes a été accueillie avec joie et célébrée : un combat historique venait de remporter une grande victoire pour les femmes saoudiennes. Mais la communauté internationale a également réagi à cette nouvelle mesure.

L’ancien président américain Donald Trump a salué cette décision comme une « étape positive » vers la promotion des droits des femmes [16]. Dans le même esprit, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a publié un message similaire sur X (anciennement Twitter) [17].

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR) et plusieurs experts de l’ONU ont « chaleureusement salué ce développement historique » [18], tout en soulignant la nécessité d’atteindre une égalité totale entre les sexes dans le Royaume. Amnesty International a également salué cette mesure et a appelé à mettre fin à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes [19].

Les médias internationaux ont largement couvert cet événement, le présentant comme une réforme potentiellement transformatrice. Certains observateurs ont toutefois exprimé des doutes, se demandant s’il s’agissait d’un geste symbolique ou du signe d’un changement profond au sein de la société saoudienne [20].

D’autres institutions, telles que l’Association internationale du barreau (International Bar Association) ou le Baker Institute, ont souligné l’importance de cette mesure en faveur d’une plus grande liberté individuelle [21], tout en analysant ses conséquences sur les domaines du transport, du marché du travail et de la santé publique, entre autres [22].

Les médias régionaux ont, eux aussi, mis en avant la portée de la réforme dans une société musulmane conservatrice, exprimant à la fois soulagement et encouragement. Dans la plupart des pays voisins, comme les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Koweït ou la Jordanie, les femmes pouvaient déjà conduire librement [23]. En revanche, certains érudits et religieux conservateurs, en Arabie saoudite comme dans la région, ont adopté une position plus prudente (Middle East Policy Council).

Notes finales

Dans l’ensemble, la décision d’autoriser les femmes à conduire en Arabie saoudite constitue une victoire majeure pour les femmes du Royaume. Elle a déjà eu un impact positif sur la société et sur l’économie, notamment dans les secteurs automobile et de l’emploi. Si le gouvernement parvient à capitaliser sur cette transformation en investissant dans les infrastructures, en adaptant la réglementation et en développant de nouveaux services répondant aux besoins des conductrices et conducteurs, le Royaume pourrait entrer dans une nouvelle ère prometteuse.

Alors que les données et l’avenir s’annoncent prometteurs pour le Royaume, les réactions internationales – tout en saluant cette évolution – ont également souligné des points importants à améliorer et sur lesquels il faudra s’efforcer d’agir le plus rapidement possible. La route à parcourir pourrait ne pas être si facile : même si l’Arabie Saoudite tente de transformer son image à l’échelle internationale, en interne et en raison de son idéologie et de ses fondements, les défis à relever seront ardus.

Références
[1] Commins, D. (2006). The Wahhabi Mission and Saudi Arabia. New York: I. B. Tauris [2] RTBF, R. (2011, May 23). Histoire du monde: le droit de conduire. Retrieved from RTBF Actus. https://www.rtbf.be/info/emissions/article_histoire-du-monde-le-droit-de-conduire?id=6150133 [3] BBC News. (2008, March 11). Saudi women make video protest. Retrieved from BBC News: http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/7159077.stm [4] Noman, M. (2014, December 03). #BBCtrending: Saudi woman driving blog ‘arrest’. Retrieved from BBC News: https://www.bbc.com/news/blogs-trending-30316837 [5] Independent. (2012, February 05). Saudi women in drive ban legal bid. Retrieved from Independent: https://www.independent.co.uk/news/world/asia/saudi-women-in-drive-ban-legal-bid-6483456.html [6] ECDHR. (n.d.). What progress has been achieved for Saudi woman drivers? Retrieved from ECDHR: https://www.ecdhr.org/what-progress-has-been-achieved-for-saudi-women-drivers/ [7] BBC. (2018, June 24). Saudi Arabia’s ban on women driving officially ends. Retrieved from BBC: https://www.bbc.com/news/world-middle-east-44576795 [8] Matt, M. (2019, June 25). The journey to nowhere: Little hope for Saudi women since driving ban was lifted. Retrieved from abc News: https://abcnews.go.com/International/journey-hope-saudi-women-driving-ban-lifted/story?id=63667888 [9] Saudi Gazette. (2020, March 08). Over 174,000 women driving licenses issued in 19 months. Retrieved from Saudi Gazette: https://saudigazette.com.sa/article/590574#:~:text=RIYADH%20%E2%80%94%20Ever%20since%20they%20were,the%20national%20and%20international%20levels [10] Kamargianni, N. B.–G. (2020). Impact of women driving cars on the sustainable development and traffic safety in the Kingdom of Saudi Arabia - Phase 2 Survey Results. [11] Euro Group Consulting. (n.d.). The road to change: Women driving and economic participation in Saudi Arabia. Retrieved from Euro Group Consulting: https://eurogroupconsultingmea.com/the-road-to-change-women-driving-and-economic-participation-in-saudi-arabia/ [12] Arab News. (2022, March 09). Saudi Arabia hits female labor force target almost 10 years early: Uber report. Retrieved from Arab News: https://arab.news/y5qum [13] PwC. (2018). Women driving the transformation of the KSA automotive market. PwC. [14] Pittaway, A. (2022, March 30). Four years of women drivers in Saudi, what has changed? Retrieved from Global Fleet: https://www.globalfleet.com/en/taxation-and-legislation/global/features/four-years-women-drivers-saudi-what-has-changed?a=API07&t%5B0%5D=Global%20Fleet%20Conference&curl=1 [15] Theeba Motorsport. (2025). Reema Juffali (driver profile). Retrieved from Theeba Motorsport: https://www.theebamotorsport.com/drivers/reema-juffali [16] BBC. (2017, September 27). Saudi Arabia driving ban on women to be lifted Retrieved from BBC: https://www.bbc.com/news/world-middle-east-41408195 [17] Guterres, A. (2017, September 27). X. Retrieved from @antonioguterres: https://x.com/antonioguterres/status/912831976083771392 [18] Office of the High Commissioner. (2017, September 28). End of Saudi driving ban for women should be just the first step - UN Experts. Press release. Retrieved from https://www.ohchr.org/en/press-releases/2017/09/end-saudi-driving-ban-women-should-be-just-first-step-un-experts [19] Amnesty International. (2018, May 25). The driving ban and women’s rights in Saudi Arabia. Retrieved from Amnesty International: https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/05/the-driving-ban-and-rights-in-saudi-arabia/ [20] Baker, A. (2018, June 28). Is the end of Saudi Arabia’s driving ban a rebrand or a revolution? Retrieved from Time: https://time.com/5324404/saudi-arabia-driving-ban-rebrand-or-revolution/ [21] Kaur, C. (2018, June). Saudi Arabia lifts ban on driving for women after lengthy campaign. Retrieved from International Bar Association: https://www.ibanet.org/article/c8d82237-545d-4fca-ad14-3e56add4734b [22] Krane, J., & Farhan, M. (2018, June 13). Women driving in Saudi Arabia: Ban Lifted, what are the economic and health effects? Retrieved from Baker Institute for Public Policy: https://www.bakerinstitute.org/research/impact-lifting-saudi-arabias-ban-women-drivers [23] Middle East Policy. (n.d.). Saudi Arabia Debates Right of Women to Drive. Retrieved from Middle East Policy Council: https://mepc.org/commentaries/saudi-arabia-debates-right-women-drive/
First published in:
World & New World Journal

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